• * L'ENCRIER * « Dernier Vol pour l’Inframonde »

     

    Les premières lignes de ma troisième nouvelle... 

     

    « Dernier Vol pour l’Inframonde » * Nouvelle *

     

     

     

           Paris, 18 h 30 – Après avoir enfilé son intégral, baissé la visière, ajusté le velcro de ses gants, entendu le léger « clonk » du premier rapport dans le jour qui tombait, la sortie de la ville par les quais sud et le périphérique lui permettrait de se jouer facilement des voitures rentrant docilement vers leur garage, pour quitter le cloaque de la métropole. Aldine, elle, ne savait absolument pas où la route allait la mener, ou plutôt si, mais ce n’était pas tant la destination qui importait, que la vitesse à laquelle elle allait pouvoir flirter avec l’asphalte. L’envie de tout plaquer et disparaître l’avait envahie comme un dégoût qui vous serre l’estomac et vous remonte dans la gorge. Ou était-ce le profond désir de reprendre la main sur sa vie, ou encore celui de déguster à nouveau le temps de la jeunesse impétueuse et ignorante ? Instinctivement, elle avait enfourché sa moto et pris la direction de l’autoroute du sud. La vitesse était une sorte de valeur refuge lui permettant de se vider la tête, d’évacuer sa rage au fur et à mesure qu’elle essorait la poignée. Cette fois, la fureur lui oppressait tellement le cœur qu’elle ne savait pas encore vers où guider son destin, aucune décision n’était prise. Aldine avait un tempérament de feu et connaissait les vives réactions dont elle était capable, elle aussi montait aisément dans les tours. Il lui fallait partir loin, seule, pour réfléchir, et sans gamberger vainement si elle le pouvait...

     

     

           Passé Arcueil, déjà l’A6a lui permettait de mettre les gaz du monstrueux V4 de sa bonne vieille V-Max qui ronflait à merveille ; les genoux à la base des écopes transmettaient à tout son corps les douces vibrations de la mécanique. Le phare déchiffrait les premières trajectoires, troisième rapport 115 km/h... encore quelques kilomètres pour laisser derrière elle les dernières charrettes effarouchées par les radars fixes, et les chevaux pourront se lâcher. Cramponnée au guidon, calée contre le dosseret de la selle, Aldine n’avait pas envie de calmer sa machine, cinquième rapport 160 km/h... la moto s’arrachait du bitume avec aisance, et montait sans broncher dans les régimes. Au sixième rapport, elle s’approchait des 180. Bientôt à l’heure avancée de la nuit, la maréchaussée dormirait, et Aldine fera la nique aux radars qui pourront la flasher, elle s’en moquait.

     

    ... 



     

     

    Anna – 17 Mai 2013 © 

    N3 - Total 22 pages - Copyright numéro 00052576 

     

    Pin It

    Tags Tags : , , , , ,