• * L’ENCRIER * « Victor et Victor X »

     

    * L’ENCRIER * « Victor et Victor X » Eugène Delacroix - Un lit défait

    Eugène Delacroix - Le Lit défait (1827 - Aquarelle)

     

     

    Dans le cadre du programme de Français pour les élèves de Première, il est proposé « Réécritures, du XVIIe siècle à nos jours », avec l'étude de deux textes pour élargir et structurer la culture littéraire des étudiants en les incitant à problématiser leur propre réflexion... 

    Jouons un peu...

     

     

    Victor et Victor X

     

     

           « Demain, dès l'aube... »

    Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
    Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
    J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
    Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

    Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
    Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
    Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
    Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

    Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
    Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
    Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
    Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

     

     

     

    « Deux mains, quelle daube... »

     

    Demain, c'est l’aube, à l’heure où blanchit ma compagne,

    Je jouirai. Vois-tu, tu sais que c’est bandant.

    J’irai dans ta forêt, flânerai sur tes montagnes.

    Je ne puis demeurer hors de toi si longtemps.

     

    Je banderai les yeux fixés aux seins dressés,

    Saints perchoirs de Pandore, sans en fendre aucun fruit,

    Seuls, nos corps nus, libido refourbées sur ton chemin doré.

    Égoïste, sans débours pour moi, tu seras belle-de-nuit.

     

    Je ne payerai ni or ni pourboire qui t’incombent,

    Avant de mettre les voiles, reprenant l’ascenseur.

    Et quand je rentrerai, rêverai sur mes lombes,

    Fanfaronnet tout vert, à ta bruyère en fleur.

     

     

     

    NB. : Pour (j'espère) excuser cet écart de langage à propos d'un texte douloureux sur la mort d'un enfant, notons que notre auteur était grand non seulement par son œuvre mais également, selon les allusions dans les correspondances de Juliette Drouet, fort vert, insatiable et toujours amant vigoureux à l’aube de ses 80 ans.

    NB. 2 : Texte initié en commun, un soir de gentil délire avec mon fils, et l'on s'est bien amusé.

     

     

     

     

     

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